EAS (Surveillance Électronique des Articles ) nouvelle génération : comment la donnée transforme la sécurité en magasin (2025–2026)
La Surveillance Électronique des Articles (EAS) n’est plus seulement une histoire de portiques RF/AM à l’entrée des magasins.
En 2025–2026, trois forces s’additionnent et accélèrent la mutation: exigences cybersécurité de la réglementation européenne, explosion des usages en sortie de caisses (self‑checkout) et pilotage par la donnée (analytics/BI/IA).
Résultat: l’EAS devient un système d’aide à la décision, branché sur la réalité opérationnelle du magasin et sur les contraintes réglementaires. Oui, même votre « simple » portique est désormais un équipement radio connecté, concerné par des règles plus strictes.
1. Pourquoi l’EAS change de paradigme en 2025
L’EAS entre dans une nouvelle ère : la sécurité devient intelligente, connectée et pilotée par la donnée.
Les moteurs de transformation : cybersécurité, self-checkout, data
- Cybersécurité et conformité : l’Union européenne a harmonisé au Journal officiel (janvier 2025) la série EN 18031 (avec restrictions) pour les exigences cybersécurité de la Directive RED. Les systèmes EAS connectés (pilotage à distance, remontées de données, mises à jour) doivent intégrer ces exigences dans leurs roadmaps de conformité.
- Retail et points de sortie : la diffusion des caisses rapides/self‑checkout se poursuit en France avec des trajectoires à deux chiffres selon plusieurs analyses de marché. Plus de caisses en libre-service = plus de passages à sécuriser et de scénarios d’alarmes à qualifier.
- Pression vol/démarque : le bilan statistique 2024 de la sécurité intérieure en France confirme que plusieurs indicateurs sont en hausse. Côté terrain, les enquêtes auprès des commerçants signalent une progression marquée des vols à l’étalage avec un focus sur la mode et les accessoires.
- Fréquences/technos : l’AM (≈58 kHz) et la RF (≈1,8–8,7 MHz) restent les piliers de la détection en sortie. En parallèle, l’usage de la RFID « comme EAS » progresse dans certains environnements, tiré par le besoin d’orchestrer sécurité et données d’exploitation.
2. (7) prédictions pour anticiper la nouvelle ère EAS
Voici les évolutions majeures à prévoir pour rester en avance et transformer la contrainte en avantage.
- Le « security by design » devient un critère de sélection.
Pourquoi : Les normes harmonisées EN 18031 (avec restrictions) inscrivent la cybersécurité dans la conformité RED. Les directions IT/achats vont exiger des dossiers techniques plus solides (mises à jour, durcissement, gestion des vulnérabilités).
Impact dirigeant : vérifier que tout nouvel équipement EAS connecté (ou service cloud associé) suit un chemin de conformité claire (RED + hEN + cybersécurité). - L’EAS migre du « détecter » au « expliquer et agir ».
Pourquoi: les plateformes analytics/BI/IA connectées à l’EAS promettent d’identifier les causes de la démarque (nuisance alarms vs véritables incidents), d’orchestrer les plans d’action, et de piloter la performance magasin par magasin.
Impact dirigeant: planifier l’intégration des données EAS avec vos outils d’analyse (BI) et fixer des indicateurs simples: faux positifs, taux d’interception utile, temps de traitement en magasin. - Les zones « caisses et self‑checkout » deviennent la nouvelle frontière.
Pourquoi: le parc self‑checkout poursuit sa croissance en France; les passages multi‑formats et les scénarios d’oubli/fraude y sont concentrés.
Impact dirigeant: prioriser des configurations EAS adaptées aux lignes de caisses (y compris self‑checkout), avec désactivation/détachement ergonomiques, et monitoring des alarmes pour limiter la friction client. - Plus d’overhead et d’hybride RF/AM/RFID selon les environnements.
Pourquoi: les contraintes de largeur de passage, de merchandising et d’esthétique poussent vers des configurations overhead (plafond/portes), et des choix techno différenciés selon les zones (large passage = AM; haute densité = RF; inventaire + sécurité = RFID comme EAS).
Impact dirigeant: demander des plans par zone (entrée, allées, caisses) au lieu de « one size fits all ». - Le pilotage économique bascule vers des modèles OPEX.
Pourquoi: en France, la location longue durée/packs mensuels (maintenance incluse) est déjà bien installée sur l’EAS. Avec la pression d’investissement et les cycles de renouvellement, l’OPEX lisse la charge et ancre la maintenance dans le quotidien.
Impact dirigeant: comparer CAPEX vs OPEX sur 36–60 mois, en incluant la baisse attendue des fausses alertes et la réduction de la démarque dans l’équation. - La conformité radio nationale redevient un sujet opérationnel.
Pourquoi: la décision ARCEP sur les dispositifs à courte portée encadre puissances, canaux, duty cycles; certaines bandes UHF RFID nécessitent des déclarations spécifiques à l’ANFR selon la puissance.
Impact dirigeant: imposer un « sanity check France » dans tout appel d’offres: bandes utilisées, limites, éventuelle déclaration ANFR, et responsabilité en cas de brouillage. - La mesure de la performance EAS s’aligne sur la réalité magasin.
Pourquoi: sans métriques pertinentes (faux positifs, taux d’interception utile, pertes évitées, friction client, impacts sur NPS), l’EAS reste un coût. Avec la donnée, il devient un centre de contribution.
Impact dirigeant: cadrer 4–5 KPI de pilotage homogènes et instaurer un rituel mensuel d’amélioration continue (magasin, région, enseigne).
3. Construire une architecture EAS pilotée par la donnée
Pour tirer le meilleur parti de l’EAS, il faut structurer son dispositif autour de la technique, de l’intelligence et de la conformité.
Couches techniques et intelligentes
- Couches techniques stables : détection en sortie (AM/RF), désactivation/détachement en caisse, étiquettes/badges adaptés aux catégories de produits.
- Couches intelligentes : remontée d’événements et journaux d’alarmes, corrélation avec les transactions caisse, analytique pour séparer « bruit » et incidents utiles, tableaux de bord partageables (magasin-direction).
Conformité et économie : le duo gagnant
- Couches de conformité : documentation RED, normes harmonisées applicables (radio, CEM, exposition), cybersécurité (EN 18031), respect des conditions nationales (ARCEP/ANFR), et chaîne CE/DEEE/RoHS.
- Couches économiques : arbitrage CAPEX/OPEX (LLD/packs), niveaux de service (SLA), et « gain‑pain » mesuré (réduction fausses alarmes, baisse démarque, temps gagné en rayon/caisse).
4. Plan d’action dirigeant : réussir la transition EAS en 6 étapes
Passez à l’action avec une feuille de route concrète pour réussir votre transition vers un EAS piloté par la donnée.
- Faire un état des lieux des zones sensibles: entrées, allées, caisses/self‑checkout.
- Exiger un dossier conformité clair: RED + hEN applicables + cybersécurité (EN 18031) + conditions ARCEP/ANFR.
- Brancher l’EAS à la donnée: alimentation des outils BI/IA; définir 4–5 KPI communs (faux positifs, taux d’interception utile, incidents/1000 passages, temps de traitement, pertes évitées).
- Tester des configurations par zone (pilotes 60–90 jours): mesurer la baisse des fausses alarmes et la friction client.
- Comparer CAPEX vs OPEX sur la durée utile (36–60 mois): inclure maintenance, migrations logicielles, et bénéfices opérationnels.
- Industrialiser le pilotage: rituels mensuels magasin/région, alerting simple, et boucle d’amélioration continue.
FAQ : vos questions sur l’EAS de demain
Voici les réponses aux questions les plus fréquentes sur l’EAS nouvelle génération.
- L’EAS reste‑t‑il utile si je bascule massivement en self‑checkout?
Oui. C’est même là que l’EAS crée le plus de valeur en 2025–2026, à condition d’orchestrer détection, désactivation et analytics. - Dois‑je tout réécrire en RFID?
Pas nécessairement. Beaucoup de réseaux gagnent déjà en performance en combinant AM/RF optimisées et un pilotage data (réduction des faux positifs). - Pourquoi parler « cybersécurité » pour des portiques?
Parce qu’un EAS moderne est un équipement radio qui échange des données. La conformité RED et les normes harmonisées de cybersécurité publiées au JOUE changent la donne.
En 18 mois, l’EAS peut passer d’un « mal nécessaire » à un levier de marge.
La clé n’est pas de remplacer tout votre parc à marche forcée, mais de connecter les points: conformité (RED/EN 18031), couverture des caisses/self‑checkout, analytics anti‑bruit, et contrat économique adapté. L’EAS piloté par la donnée est moins bruyant, plus utile, et plus défendable financièrement. C’est maintenant que ça se décide.
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